jeudi 11 août 2016

UCAD - JOURNÉE MORTE À LA FST Les étudiants réclament de meilleures conditions d’études

a tension était vive hier, à la Faculté des sciences et techniques de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. En décrétant une journée morte, l’Amicale des étudiants qui revendique des conditions  d’études favorables  compte mettre ainsi la pression sur les autorités.

Il y a eu hier de l’électricité dans l’air à la Faculté des sciences et techniques (FST) de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad). A l’origine, cinq points de revendications des étudiants : ‘’ Une bonne climatisation et la fermeture hermétique des chapiteaux afin de diminuer la chaleur infernale dans ces lieux d’études. La reprise des travaux de réfection des amphithéâtres, amphi 7, Jean Campbell et Ousmane Socé dont les délais de réception de huit mois sont dépassés. La  réfection des toilettes qui sont dans un état de délabrement très avancé’’. Cela est mentionné dans un mémorandum dont EnQuête détient copie. Le Doyen de ladite  Faculté, Joseph Sarr, dit avoir reçu la plate-forme des étudiants mais doit s’entretenir en amont avec le recteur Ibrahima Thioub avant de s’en ouvrir  à la presse et aux autres.
 Mis à part ses manquements d’infrastructures, l’Amicale des étudiants réclame l’augmentation de taux pour les étudiants en master 2, en Sciences naturelles ainsi que le paiement des bourses aux étudiants qui l’avaient perdues au premier cycle. ‘’ Nous avons décrété une journée morte aujourd’hui et nous avons remis un mémorandum au doyen. Vendredi prochain (Ndlr demain), si rien n’est fait  surtout sur la question des bourses, nous allons durcir le ton‘’, menace Abdoulaye Niang président de l’Amicale.
 Interpellé par EnQuête sur la question des bourses, le  Directeur Lassana Konaté précise : ‘’Ces étudiants seront payés mais pas dans l’immédiat.’’ ‘’Ils viennent juste de terminer le master 1. Et ils sont autorisés à s’inscrire en master 2 au mois de juillet 2016. La liste m’est parvenue le 12 juillet or, ce n’est plus un secret de polichinelle que nous envoyons nos états le 08 du mois. Ils veulent des états additionnels alors que je n’ai pas de prérogatives pour cela’’, explique M. Konaté. Ce dernier compte publier une note dans laquelle il exposera à la communauté universitaire et aux autorités compétentes la situation parce que, tonne-t-il : ‘’Je suis fatigué, je n’hésiterai pas à démissionner, j’en ai ras-le-bol. Je n’accepterai aucune pression.’’
Tout compte fait, une grève à la veille des examens pourrait bouleverser le calendrier universitaire dans cette faculté et démoraliser les étudiants.  D’où l’urgence de trouver des solutions.

UCAD - REVENDICATIONS DES ETUDIANTS DE LA FST Le collectif des amicales entre dans la danse

Les étudiants de la Faculté des sciences et techniques (FST), qui réclament de meilleures  conditions d’études et la résolution de la question des bourses pour certains, ont reçu hier le soutien de leurs camarades des autres facultés. Conséquence : de violents affrontements ont opposé forces de l’ordre et  étudiants sur l’avenue Cheikh Anta Diop.

 ‘’L’union fait la force.’’ Cette devise semble être bien comprise par les étudiants de l’Ucad qui n’ont pas tardé à prêter main forte à leurs camarades de la FST, dans leur combat pour l’amélioration de leurs conditions d’études. En effet, depuis mercredi dernier, l’Amicale de la Faculté des sciences et techniques est sur le pied de guerre. D’où la recrudescence des affrontements entre étudiants et forces de l’ordre sur l’Avenue Cheikh Anta Diop. Hier encore, les grenades lacrymogènes ont de nouveau tonné. Avec leurs lots de désagréments.
Au chapitre des revendications des étudiants figure en bonne place la question  ‘’de la climatisation et la fermeture hermétique des chapiteaux  afin de diminuer la chaleur infernale dans ces lieux d’études’’. La reprise des travaux de réfection des amphithéâtres, amphi 7, Jean Capel et Ousmane Socé, dont les délais de réception de huit mois sont dépassés, fait aussi partie des  doléances. Il en est de même de la réfection des toilettes qui sont dans un état de délabrement très avancé, et du paiement des bourses aux étudiants qui l’avaient perdues au premier cycle.
S’y ajoute la libération du président de la commission pédagogique de ladite amicale, Djibril Gningue dit Gaby. Ce dernier a été arrêté par des éléments du commissaire Bodian du Point E  lors des affrontements de jeudi dernier. Mais M. Gningue a été finalement libéré hier vers les coups de 16h. A la suite de ces échauffourées, une rencontre entre le recteur Ibrahima Thioub, les différents doyens de Facultés, le directeur des bourses Lassana Konaté et les présidents d’amicales a été tenue pour une résolution de la crise.
 ‘’Nous avons rencontré nos autorités aujourd’hui (hier, Ndlr), nous allons nous réunir ce soir (hier soir) en assemblée des délégués pour se pencher sur la suite que nous allons donner à notre mouvement’’, informe le président de l’amicale de la FST, Abdoulaye Niang.
JOSEPH SARR (DOYEN DE LA FST)
‘’Les revendications des étudiants sont légitimes’’
Le doyen de la Faculté des sciences et techniques, Joseph Sarr,  avoue que les revendications des étudiants sont légitimes. Mais il n’est pas d’accord avec eux sur les moyens qu’ils  utilisent pour obtenir gain de cause. ‘’S’agissant du problème des chapiteaux, il découle de la volonté de l’Etat de réfectionner certains amphithéâtres. D’ailleurs, à la réunion d’aujourd’hui (hier)  avec le recteur,  nous avons eu comme information que l’arrêt des travaux est dû au fait que le matériel convenu dans le contrat n’est pas respecté par l’entrepreneur.
Donc deux solutions se présentent : faire avec  ce matériel qui ne peut pas durer ou exiger qu’il soit changé, ce qui prolongera la durée des travaux. Mardi nous avons une rencontre avec le ministre de l’Enseignement supérieur Mary Teuw Niane, sur la question de ces réfections et nous aurons la possibilité d’exposer le problème dans le but de la recherche de solution’’, a promis le doyen Sarr.

HAUSSE DU PRIX DE LA BOISSON SUCREE La Soboa dicte sa loi aux revendeurs et consommateurs

Se désaltérer avec de la boisson sucrée venant de la Société des Brasseries de l’Ouest africain (SOBOA) n’est plus une tarte. Depuis quelque temps, cette société a décidé d’augmenter le prix de ce liquide prisé par la population, sous le regard impuissant des consommateurs et des boutiquiers.

Sans crier gare, la Société des Brasseries de l’Ouest africain a décidé de revoir à la hausse le prix de certains de ses produits. Ainsi,    désormais, la bouteille de boisson de 125 centilitres (CL)  coûte 800 au lieu de 700 FCFA et celle de 30 CL en verre 250 à la place de 200 FCFA, soit une hausse respectivement de 100 F CFA et de 50 FCFA. ‘’Les clients nous indexent alors que  nous avons appris en même temps qu’eux l’augmentation du prix de la boisson sucrée. Nous ne sommes même pas en mesure de donner la plus petite explication’’, se désole Abdoulaye Fall, boutiquier au Point E. Cette mesure impopulaire malgré la campagne de publicité lancée par l’entreprise est en vigueur il y a deux à trois semaines.
Du Point E à la Médina, en passant par  l’université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad), le constat est unique. Les revendeurs pointent du doigt un catalogue affiché à l’entrée des boutiques. Sur ces  brochures figure une représentation des bouteilles et des nouveaux prix. ‘’Voici ce que nous avons reçu des grossistes’’, précise Moustapha Diallo, gérant d’une boutique à l’Ucad. Bon nombre de consommateurs ne sont pas encore au parfum. Dieynaba Niang, étudiante,  explique qu’elle  n’est pas au courant de cette hausse tout en martelant que ce n’est pas normal que le prix d’un produit soit augmenté sans que le consommateur sache les tenants et les aboutissants.
Administrativement, le consommateur ne dispose pas de textes permettant de lutter contre cette forfaiture. L’article 2 de la loi du 22 août 1994 portant sur le prix, la concurrence et les contentieux économiques stipule que ‘’les prix des biens, produits et services sont librement déterminés par le jeu de la concurrence’’. Cependant, ce présent article ne concerne pas les denrées de premières nécessités.
Face à cette impotence de pouvoir réguler le prix faute de textes, le  président de l’Association des consommateurs du Sénégal propose de consommer local. ‘’Nous ne sommes pas obligés d’acheter de la boisson de la SOBOA. Nous pouvons aussi consommer nos jus locaux qui sont plus propices à notre santé et à notre développement économique’’, argumente Momar Ndao.
A noter que toutes nos tentatives de recueillir la version de la Soboa, sont restées vaines. Car nos différents interlocuteurs de la Société des Brasseries de l’Ouest africain, n’ont pas voulu se prononcer sur le sujet.

NDEYE NAME DIOUF (DIRECTRICE DE L'ALPHABETISATION ET DES LANGUES NATIONALES) : "Notre budget a été revu en baisse

Le Sénégal est le lauréat 2016 du prix Confucius Unesco. Une distinction qu'il recevra à l'occasion de la conférence mondiale sur l'alphabétisation prévue le 8 septembre 2016 à Paris. Dans cet entretien qu'elle a accordé à EnQuête, la directrice de l'Alphabétisation et des Langues nationales, Ndèye Name Diouf, fait l'état des réalisations tout en déplorant le manque de moyens de la structure qu'elle dirige.
Quel est le projet qui a valu au Sénégal le prix Confucius?
Effectivement, le prix Confucius alphabétisation 2016 est dédié au Sénégal pour récompenser les réalisations faites dans le cadre du Programme national d'éducation de base des jeunes et adultes analphabètes articulé aux Tic (PNEBJA/TIC). C'est un projet que nous avons initié en 2013. En fait, depuis le départ de Mamadou Ndoye de la tête de la direction dans les années 1990, il n'y avait plus de programme d'Etat. Ce sont les partenaires et les organisations non gouvernementales qui ouvraient des classes. Lorsque nous sommes venus en 2012, nous nous sommes dit: "Il faut que l'Etat ait encore des salles.'' C'est comme ça qu'est né le PNEBJA/TIC.
Au-delà de l'alphabétisation, le prix vise aussi à récompenser les projets qui permettent aux femmes et aux adultes analphabètes de générer des activités de revenus et d'améliorer la santé des femmes. Quelles sont les réalisations faites dans ces domaines?
De 2012 à 2015, nous avons formé 183039 apprenants soit une moyenne de 45760 apprenants par an. Aujourd'hui, ces femmes et jeunes filles sont autonomes. Elles apprennent en même temps à produire. Raison pour laquelle dans les classes, nous avons un facilitateur qui enseigne et un encadreur technique qui se charge de la formation dans plusieurs secteurs pouvant générer des sources de revenus, par exemple la teinture. La direction a élaboré et mis en oeuvre un programme d'amélioration de la santé nutritionnelle (NESA) de 2012 à 2014. Notre objectif est d'améliorer la santé nutritionnelle de la mère et de l'enfant. Dans les régions de Matam et Saint-Louis, depuis 2015, nous participons à la lutte contre la malnutrition.
Comment l'alphabétisation qui est décrite comme le parent pauvre de l'éducation sénégalaise peut-elle gagner un prix international?
(Elle affiche un large sourire)C'est vrai, nous sommes le parent pauvre de l'éducation avec 1,7% du Budget alloué à l'alphabétisation. Nous avons un problème de ressources financières et c'est très sérieux mais nous disposons aussi des ressources humaines. La direction fait tout pour que les autorités relèvent ces ressources financières tout en sachant que l'argent ne se lève pas pour élaborer des programmes. Ce sont les ressources humaines qui font ce travail donc, nous misons sur elles pour pouvoir résoudre les problèmes en attendant que le budget soit relevé.
Pourtant votre ministre de tutelle, Serigne Mbaye Thiam avait promis en 2014 d'augmenter progressivement le budget de l'alphabétisation?
Oui, mais cette promesse n'est toujours pas tenue. Au contraire, notre budget a été revu en baisse. Au lieu de 628 millions, nous avons reçu 500 et quelques millions. Peut-être qu'avec les résultats escomptés et surtout le prix, nous pensons que le budget sera augmenté. D'ailleurs, il (le ministre) projette de relever légèrement nos ressources financières en 2017. C'est aussi l'occasion de remercier l'Unesco et les partenaires qui ne cessent de nous soutenir.
L'alphabétisation peut-elle être un tremplin vers l'égalité des genres?
Oui, elle peut bien être un tremplin vers l'égalité des genres mais c'est trop tôt. Il y a beaucoup de défis à relever avant d'arriver à ce niveau. D'abord, le taux d'analphabétisme qui est de 56,4% est très élevé et est composé de 67% de femmes. Donc il faut former les femmes surtout par l'alphabétisation fonctionnelle. D'ailleurs, nous avons ouvert 62 classes spécifiques à travers lesquelles nous touchons tous les domaines en passant par certains ministères comme ceux de l'Elevage, de la Pêche, des Sports, de la Femme, etc. Même avec le ministère de la justice qui nous a permis d'avoir des classes dans les maisons d'arrêt et de correction (MAC).
Donc, l'alphabétisation peut servir de tremplin mais avec la compétence. Ce qui se passe à l'Assemblé Nationale ou nous avons des femmes qui ne savent même pas ce que c'est que d'être député est grave. Et c'est pour cela que nous disposons d'une classe de 30 députés au sein de l'Assemblée nationale. Actuellement, nous avons 22 langues codifiées, la dernière ajoutée l'année dernière est le Womé, vers Koumpentoum et même une partie de la Guinée. Il faut noter que notre direction ne fait pas le choix des langues à apprendre. Ce sont les populations qui choisissent et qui notifient cela.

jeudi 28 juillet 2016

Fondation Ucad Le front social investi


Les ressources budgétaires allouées par l’Etat à l’université ne sont pas suffisantes. Ainsi la Fondation Ucad cherche t’elle des stratégies de financement afin de soutenir l’institution dans sa mission.

        La manière dont les universités prennent en charge leur environnement est devenue un critère de sélection pour le classement des meilleures d’entre elles. C’est ce que semble avoir compris la Fondation Ucad qui ambitionne de construire des toilettes pour les étudiants et par les étudiants afin d’assainir davantage l’espace universitaire. Dans la  conception expliquée par  l’administratrice de la Fondation, Mariètou Diongue Diop, Chaque étudiant pourrait donner  mille franc à verser dans un compte dont le numéro sera communiqué. Cela lui permettra de contribuer au développement de ce lieu du savoir, et de cultiver un sentiment d’appartenance à cette communauté.
      D’ ailleurs, dans la charte universitaire pour  l’environnement   élaborée par la Fondation, Il est inscrit que « tout étudiant, tout travailleur du temple de l’Ucad fermera les robinets après utilisation et vérifiera qu’il n’existe pas de fuite d’eau. En cas de fuite d’eau (robinet, cuvette de WC, chasse d’eau….) tout travailleur de l’Ucad le signalera aux services techniques les plus proches ». Ainsi, la structure, par le biais des associations estudiantines, compte sensibiliser et mettre à profit cette masse estudiantine pour avoir un environnement répondant aux normes internationales.
    Les différentes facultés qui accueillent les étudiants à longueur de journée sont dotées de peu de toilettes. Moins de dix cabines fonctionnelles à la Faculté  des Lettres et Sciences Humaines(FLSH), avec trente mille étudiants environ, idem dans toutes les autres facultés. Cette disproportion entre nombre de toilettes et  d’étudiants est source de bien de comportements et de maux. Certains espaces du campus pédagogiques sont ainsi transformés en toilettes à ciel ouvert.
      Conséquence, les murs de ces espaces se trouvent fréquemment souillés et nauséabonds. Ceci fait dire à certains pensionnaires qu’ils ont l’impression de se promener dans des égouts, à chaque fois qu’ils passent par ces endroits. Pour lutter contre cette mauvaise pratique, la Fondation réfléchit sur un projet de construction de toilettes publiques. Déjà en 2014, elle avait assaini le campus pédagogique Dans le cadre du Collectif pour la préservation de l’environnement, et l’appui de l’Entente CADAK-CAR.

      La fondation ce n’est pas que l’environnement !
      Le but de la Fondation est d’être un moyen efficace dans le renforcement de la mission de service public et de l’accroissement du rayonnement de l’Ucad. Ces deux objectifs sont nécessaires à des conditions de vie sociales pouvant favorisées la réussite des étudiants de toutes les couches sociales. C’est la raison pour laquelle l’institution s’active dans le social en soutenant les étudiants nécessiteux. Dans le bilan annuel des actions réalisées en 2014, l’organisation note des appuis  financiers à des étudiants en situation de précarité, des visites et des dons en nature aux drépanocytaires et aux pensionnaires en situation de handicap. Sans oublier le ‘’Dogou’’ de solidarité (repas de rupture du jeûne) qu’elle offre pendant le ramadan.
Djiby Sylla, Master 1, au département d’Anglais confirme cet élan de solidarité « Personnellement la fondation ne m’a pas soutenu mais je connais des camarades qui étaient dans des difficultés. Elle les a tiré d’affaire ».
La santé, elle aussi est dans le viseur de la Fondation. Au-delà de l’assistance financière qu’elle a apportée pour certains dossiers médicaux dont deux cas graves cette année. L’organisme a déjà organisé une journée de dépistage sur la drépanocytose, en partenariat avec l’Union universitaire de lutte contre la drépanocytose (UULD).
       En plus des domaines cités ci-dessus, la fondation intervient dans l’éducation et la formation. «  Nous avons soutenu onze étudiants dans le cadre de leurs mémoires de master cette année » indique Mme Diop. S’y ajoute  l’Opération « Un étudiant, un dictionnaire »  lancé depuis 2014, avec les offices de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). A ce jour, 2 700 dictionnaires Larousse ont été distribués aux étudiants, moyennât 2000F.
Toutes ces réalisations sont faites à partir des dons que reçoit la Fondation. Alors, pour prendre son véritable envol, elle a besoin plus que jamais d’être soutenue surtout par ces anciens diplômés d’où l’initiative UCAD-ALUMNI qui consiste à former un réseau, une plateforme de  concertation et de partage entre professionnel, pour un enrichissement mutuel et un engagement solidaire au service de la société, selon les termes du projet.


                                                                       

mercredi 27 juillet 2016

Ndimb Birane,Les portières aux doigts de fée

  
 
             Habiles comme des abeilles, ses femmes transforment l’argile avec beaucoup d’ingéniosité.  Cet héritage qui résiste aux progrès scientifiques et techniques est l’unique source de revenus des génies de cette localité de la commune de Kaymor.

 La poterie est la principale activité économique des femmes. Elle se transmet de mère à fille. Les  objets  fabriqués sont souvent des  canaris,  des  encensoirs,  des  cendriers, des fourneaux, des  pots de fleurs, et certains ustensiles  de cuisine. Tous les matériaux utilisés  sont  hérités. Les femmes de Ndimb Birane cherchent d’abord de l’argile dans le lit des marigots. Une partie est brûlée puis pilée. « Elle est malaxée avec le reste » explique Fatim Ndao.
Dans l’arrière qui lui sert d’atelier, elle modèle avec dextérité un canari avec ses mains. Couche après couche, le canari prend forme. Le travail fini, les poteries sont séchées au soleil. Ensuite, les femmes les enduisent avec de la terre de couleur ocre. Puis, c’est la cuisson : «  Nous creusons un trou dans lequel nous mettons les articles avec du bois, des tiges de maïs et de l’herbe que nous b environ brûlons pendant une trente munîtes »  explique Aïssatou Thiam.
Enfin, vient la phase de commercialisation. «   Nous écoulons dans les marchés environnants. Le prix du canari varie entre 1 500 et 2 000  francs  de CFA et les autres objets de 200 à 1 000f  » c’est que confie Seutou  Thiam, vendeuse de poterie au marché de Kaymor. Lors des mariages et de certaines fêtes les recettes  augmentent. Les marchandes de poterie ne payent pas de frais de transport (200francs de CFA l’article).
Cette occupation traditionnelle est saisonnière. Pendant l’hivernage, les habitants de Ndimb Birane ne parviennent plus à trouver de l’argile. Les lits des cours d’eaux ne sont plus  accessibles. Il n’empêche, l’activité commerciale continue avec les stocks déjà constitués. La poterie en milieu rural est pratiquée par des classes sociales fermées, des castes. Ce sont souvent les femmes de forgerons qui la pratiquent.
                                                               
     


Mégalithes de Sine NGayène, Vestiges d’un passé lointain


 Témoins du temps et de l’histoire, les mégalithes révèlent un pan méconnu d’une culture païenne ancestrale.  Le site garde encore quelques secrets d’une Afrique préhistoire
Se rendre à cette localité de la commune de Gayène Sabakh dans le département de Nioro du Rip n’est pas aisé. La piste d’accès n’est pas aménagée. Sine NGayène est un complexe mégalithique qui rend compte de plus de 1 500 ans  d’existence d’une « société conservatrice et hiérarchisée ». Cyr Deschamps, archéologue  définit les mégalithes comme « des blocs de latérite sculptés en forme simple (prismes ou cylindres) parfois plus complexes (pierre lyre) dont la disposition la plus fréquente est le cercle presque toujours flanqué d’une ligne d’orientation Nord-Sud ». Avec ses 52 cercles, dont 1 200 pierres, Sine NGayène est le plus grand site de la zone.
   Classé patrimoine historique mondial par l’Unesco en 2006, Sine Gayène est  un aussi symbole de la Sénégambie. Il servait à l’inhumation entre le IIe et le Vie siècle. L’endroit fait partie des  quatre groupes de sites mégalithiques existant en Gambie (Wassu et Kerbacht) et au Sénégal (Sine Gayène et Wanar). Il a fait l’objet de trois fouilles par Raymond Mauny en 1956, Cyr Deschamps et Guy Thilmans 1975-76) puis Hamady Bocoum et Augustin Holl (2003-2005). Le résultat montre « qu’il existe une différence fonctionnelle entre tumulus et cercles mégalithiques. Les premiers correspondent  à des sépultures uniques et richement accompagnées et les seconds à des sépultures multiples, parfois secondaires, associées à un mobilier relativement réduit », comme le précisent Holl et Bocoum.
Malgré le paysage agricole dans lequel s’insère le site et les fouilles effectuées, le joyau garde toujours son authenticité. Environ un Km, il est clôturé depuis 2005 et dispose d’une case d’accueil dans laquelle sont exposés certains outils découverts sur les lieux. Des toilettes ont été aussi aménagées pour les visiteurs, sans oublier la prise en charge d’un gardien.
    Ces dispositions devraient permettre une gestion et une organisation rentable pour les populations. Conformément à la législation du Sénégal qui charge  la direction du Patrimoine culturel du ministère de la culture de gérer et de rentabiliser les lieux hautement historiques.  Dans le cadre de la loi de janvier 1971, fixant le régime des sites et monuments historiques et celui des fouilles et découvertes. De même le décret du 08 Août 1973 portant l’application. Les communautés ont aussi des pouvoirs étendus grâce à la loi sur la décentralisation. Cette dernière facilite leur implication dans la gestion des sites. « Ce site mégalithique, vue son importance pouvait permettre l’électrification et le bitumage de la route pour faciliter l’accès au village » lance Birane Gueye. Dans sa logique, le site est un trésor, un vrai facteur de développement mais inexploité.
      C’est ce que semble avoir compris les parties prenantes. En décembre 2004, ils ont conçu un document dans le but de rendre Sine NGayène visible et accessible. Ce projet permettra aussi de mener des études approfondies afin d’adapter le site au développement local.   
Sine Gayène n’est pas le seul site mégalithique du Sine Saloum. Le département de Nioro du Rip abrite trois autres sites,  Kaymor, Keur ALI et Diam Diam. Ces vestiges funéraires d’une civilisation Sénégambienne qui a vécu 200 ans av J C jusqu’au XVI siècle s’étendent sur plus de 20 000 mètres carré couvrant la zone du Rip et de Tambacounda d’Ouest en Est, du Sud du Ferlo jusqu’à la Gambie du Nord au Sud. Il y a environ 1 600 sites, tous classés au Patrimoine mondial de l’Unesco selon Cyr Deschamps.